Le groupe minier chinois CMOC conteste les conclusions d’une enquête publiée par le Financial Times et Lighthouse Reports, selon lesquelles le cobalt produit sur le site de Tenke Fungurume Mining (TFM), en République démocratique du Congo, aurait présenté, entre 2016 et 2020, des teneurs en uranium supérieures aux seuils légaux.
Dans une réponse rendue publique par Lighthouse Reports, CMOC affirme que l’ensemble de l’hydroxyde de cobalt actuellement commercialisé par sa filiale TFM est conforme aux exigences réglementaires en vigueur en RDC ainsi qu’aux normes d’approvisionnement imposées par ses clients internationaux.
Le groupe assure qu’aucun lot de cobalt vendu par TFM n’a dépassé les limites applicables en matière de teneur en uranium. Il souligne également n’avoir jamais fait l’objet d’une retenue douanière, d’un rejet de marchandise ou d’une réclamation de la part d’un client pour ce motif.
Selon CMOC, un dispositif rigoureux de contrôle de la qualité et de surveillance radiologique couvre l’ensemble de la chaîne de production. L’entreprise indique que ces contrôles garantissent la conformité des produits finis et permettent de conserver des résultats d’analyses complets et traçables.
Le groupe précise toutefois ne pas être en mesure de vérifier les données historiques citées dans l’enquête, faute de connaître leur provenance. Il rappelle également que tout l’hydroxyde de cobalt commercialisé par TFM est séché et estime que les analyses réalisées sur des produits intermédiaires ne peuvent être assimilées aux caractéristiques du produit final livré aux clients.
CMOC considère dès lors qu’il n’est pas nécessaire de mettre en œuvre un procédé industriel spécifique d’élimination de l’uranium, estimant que les teneurs observées dans le minerai extrait et dans le produit final demeurent inférieures aux seuils applicables. L’entreprise reconnaît néanmoins qu’une optimisation des paramètres de production, notamment le contrôle du pH et l’utilisation d’un oxyde de magnésium plus réactif, permettrait de réduire davantage la présence d’uranium.
Le groupe affirme par ailleurs que ni CMOC ni aucune de ses filiales ne procèdent à des opérations de séparation ou d’extraction d’uranium, que ce soit en République démocratique du Congo ou en Chine.
S’agissant des seuils évoqués par l’enquête, CMOC remet en cause la référence de 75 parties par million (ppm), estimant qu’elle ne constitue pas une norme universellement reconnue dans l’industrie. L’entreprise fait valoir que d’autres références, notamment 81 ppm et 100 ppm, sont également utilisées selon les réglementations nationales et les exigences des clients.
En conséquence, le groupe soutient que la conformité des produits doit être évaluée sur la base des caractéristiques de l’hydroxyde de cobalt séché effectivement commercialisé, et non à partir de résultats obtenus à différentes étapes du processus de production.
Pour rappel, l’enquête du Financial Times et de Lighthouse Reports affirme que des documents internes font état de plusieurs dépassements des seuils légaux congolais dans le cobalt produit à Tenke Fungurume entre 2016 et 2020. Les auteurs soutiennent également que les exportations congolaises de cobalt contiendraient davantage d’uranium qu’estimé jusqu’à présent, en raison de la présence naturelle de ce minerai radioactif dans la ceinture cuprifère du sud de la RDC.
L’enquête évoque un possible risque de prolifération nucléaire en s’appuyant sur une étude scientifique publiée dans Nature Communications. Toutefois, elle précise qu’aucune preuve directe ne démontre une extraction d’uranium lors du raffinage du cobalt en Chine.
De son côté, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) indique ne disposer d’aucun élément laissant penser que la République démocratique du Congo ait manqué à ses obligations internationales en matière de garanties relatives aux exportations de minerai de cobalt contenant de l’uranium.
Patrie News