L’Assemblée nationale a effectué sa rentrée parlementaire ce mardi 15 septembre, une session essentiellement consacrée à l’examen du budget de l’État et au contrôle de l’exécution des finances publiques. Dans ce contexte, le député national Crispin Mbindule a accordé une interview au cours de laquelle il a abordé les priorités sécuritaires du pays, la gestion des crédits alloués à la défense nationale ainsi que la marche organisée par la coalition C64 le jour de la rentrée parlementaire.
Élu du Nord-Kivu, province particulièrement touchée par les conflits armés, Crispin Mbindule estime que les préoccupations de la population de cette partie du pays doivent demeurer au cœur des débats nationaux. Il rappelle que les habitants attendent avant tout la restauration de l’autorité de l’État et la libération des territoires occupés par le Rwanda dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans le cadre de cette session budgétaire, le député insiste sur la nécessité d’un contrôle sérieux de l’utilisation des ressources publiques, particulièrement celles destinées aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Selon Crispin Mbindule, les exercices budgétaires 2025-2026 ont consacré des crédits importants au secteur de la défense, à un niveau qu’il qualifie d’inédit depuis la création des forces armées congolaises.
« Nous avons donné au budget 2025-2026 beaucoup de crédits aux Forces armées de la République démocratique du Congo, jamais vu depuis la création de nos forces de défense », déclare-t-il.
Pour l’élu, la question fondamentale ne réside pas uniquement dans le vote des crédits, mais également dans leur exécution effective et leur arrivée jusqu’aux bénéficiaires finaux, notamment les militaires déployés sur le terrain.
« La grande question est de savoir si réellement cet argent arrive au dernier soldat », s’interroge-t-il.
Revenant de terrain, Crispin Mbindule souligne avoir constaté le professionnalisme de nombreux militaires congolais, tout en soulevant des interrogations sur leurs conditions de prise en charge.
« Je viens du terrain, j’ai vu comment nos militaires se comportent de bonnes manières. Mais est-ce qu’ils sont bien entretenus ? », questionne-t-il.
Il plaide dès lors pour un contrôle parlementaire approfondi, une meilleure traçabilité des dépenses militaires et l’application de sanctions lorsque des cas de mauvaise gestion ou de détournement sont établis.
Le député national appelle également à une surveillance accrue des travaux publics, notamment les projets de réhabilitation des routes. Il déplore certaines insuffisances dans l’exécution des chantiers et estime que les investissements publics doivent être soumis à des mécanismes de contrôle plus efficaces.
« Il faut le contrôle parce qu’il y a des travaux de réhabilitation de routes dans lesquels il y a vraiment du n’importe quoi. Il faut maintenant un contrôle sérieux », affirme-t-il.
Pour Crispin Mbindule, cette exigence de contrôle constitue l’une des missions essentielles du Parlement, particulièrement au cours d’une session ordinaire consacrée à l’examen des finances publiques.
Abordant la marche organisée par l’opposition regroupée au sein de la coalition C64 le 15 septembre 2026, jour de la rentrée parlementaire, Crispin Mbindule estime que cette initiative détourne l’attention des urgences nationales, notamment la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
« Ils sont en train de se distraire ici au lieu de partir à l’Est, là où les gens meurent chaque jour », dénonce-t-il.
L’élu du Nord-Kivu considère que la priorité de la classe politique devrait être de soutenir les efforts visant à restaurer la paix et l’intégrité territoriale de la RDC, plutôt que de multiplier les mobilisations politiques à Kinshasa.
Selon lui, alors que les institutions nationales sont engagées dans la recherche des solutions à la crise sécuritaire, les initiatives telles que celle de la C64 risquent de détourner l’attention de l’opinion publique des préoccupations majeures du pays.
À travers cette intervention, Crispin Mbindule place le contrôle parlementaire au centre des enjeux de la session ordinaire de septembre. Pour lui, le vote du budget doit impérativement être accompagné d’un suivi rigoureux de son exécution, particulièrement dans les secteurs de la défense, des infrastructures et des services publics.
Dans un contexte marqué par les défis sécuritaires persistants à l’Est, l’élu appelle à davantage de redevabilité, de transparence et de sanctions afin que les ressources publiques produisent effectivement les résultats attendus par la population congolaise.
Narcisse Ntumba
