Sicomines : le CNPAV presse le gouvernement de lancer l’audit indépendant du partenariat sino-congolais

La Coalition Le Congo n’est pas à vendre (CNPAV) a exhorté les autorités congolaises à accélérer la mise en œuvre de l’audit technique et financier indépendant de la Convention Sicomines, estimant que cette démarche constitue une étape essentielle pour renforcer la transparence et la redevabilité dans la gestion de ce partenariat stratégique entre la République démocratique du Congo et la Chine.

Dans un communiqué publié jeudi 23 juillet 2026, l’organisation de la société civile appelle le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ainsi que la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, à veiller à la réalisation effective de cet audit, annoncé depuis plusieurs mois mais qui n’a toujours pas été lancé.

Selon le CNPAV, l’audit avait été annoncé en mars 2026 par l’Agence de pilotage, de coordination et de suivi des conventions de collaboration (APCSC). Cette initiative s’inscrit dans le cadre des engagements prévus à l’article 1er de l’avenant n°5 à la Convention Sicomines et répond également à une recommandation formulée par l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE-RDC) dans son rapport thématique publié en novembre 2021.

La coalition estime que le retard enregistré dans la mise en œuvre de cette évaluation indépendante suscite des interrogations sur le respect des engagements pris dans le cadre de ce partenariat minier.

Le CNPAV affirme par ailleurs que, plus de deux ans après la signature de l’avenant n°5, l’absence d’audit continue de peser sur les retombées économiques attendues. Selon ses analyses, les mécanismes actuels de décaissement des fonds destinés aux infrastructures auraient entraîné un manque à gagner supérieur à 410 000 dollars américains par jour depuis l’entrée en vigueur de cet avenant. Ces estimations, avancées par l’organisation, relancent le débat sur l’efficacité du modèle « infrastructures contre mines ».

Afin de garantir la crédibilité et l’indépendance du processus, le CNPAV recommande que la Première ministre assure la supervision de l’audit à travers un décret instituant le processus et le recrutement d’un cabinet spécialisé. La coalition souhaite que l’évaluation couvre l’ensemble des composantes de la Convention Sicomines, notamment les activités minières, les investissements réalisés ainsi que les infrastructures promises.

L’organisation prend également acte de la réunion préparatoire consacrée à l’évaluation annuelle de la Convention Sicomines, tenue le 21 juillet 2026 au cabinet du président de la République. Elle considère cette rencontre comme une première étape devant permettre d’identifier les principaux blocages et de créer les conditions nécessaires au lancement effectif de l’audit.

Par ailleurs, le CNPAV plaide pour que les conclusions de cette évaluation soient rendues publiques avant la fin de l’année 2026. Pour la coalition, une transparence accrue dans la gestion de ce partenariat est indispensable afin de garantir que les ressources minières de la RDC profitent pleinement au développement économique et aux intérêts de la population congolaise.

Rédaction

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