La capitale congolaise a été le théâtre d’une importante mobilisation politique ce mardi 22 septembre. À l’appel de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi) et de ses alliés, des militants et sympathisants se sont rassemblés dans les rues de Kinshasa pour exprimer leur soutien aux institutions de la République, au dialogue annoncé par le chef de l’État et au processus de réforme constitutionnelle.
Très tôt dans la matinée, des participants venus de plusieurs formations politiques de la majorité au pouvoir ont convergé vers le point de départ situé à la 11ᵉ Rue, dans la commune de Limete. Drapeaux et effigies de leurs partis en main, ils ont progressivement formé un long cortège qui a traversé plusieurs artères de la capitale.
Selon l’itinéraire communiqué par les organisateurs et arrêté en accord avec les autorités provinciales, la marche devait passer notamment par Cohydro, Sendwe et Kasa-Vubu, avant de se poursuivre jusqu’au terrain annexe du Stade des Martyrs, au niveau du pont Gabi.
Cette mobilisation intervient une semaine après celle de la Coalition 64 (C64), organisée le 15 septembre dernier pour s’opposer au projet de changement de la Constitution. L’UDPS avait alors annoncé une mobilisation en réponse, avec pour principaux messages le soutien aux institutions, au dialogue politique annoncé par le Président Félix Tshisekedi et au processus référendaire.
Sur le terrain, les organisateurs ont revendiqué une forte participation des militants et sympathisants. Dans les rangs de l’UDPS et des formations alliées, cette mobilisation est présentée comme une manifestation de soutien au Chef de l’État et à son initiative de réforme constitutionnelle. L’ampleur exacte de la participation reste toutefois difficile à établir de manière indépendante.
Au terme de la marche, Augustin Kabuya, secrétaire général et président national intérimaire de l’UDPS/Tshisekedi, s’est adressé aux participants. Debout sur une remorque aménagée en podium, il a notamment appelé le président Félix Tshisekedi à franchir une nouvelle étape dans le processus de réforme constitutionnelle.
« Avec cette démonstration de force de la population, le chef de l’État doit savoir que le moment est venu de changer cette Constitution », a déclaré Augustin Kabuya devant une foule de militants et sympathisants venus répondre à l’appel de son parti.
Le dirigeant de l’UDPS a également présenté la mobilisation observée dans les rues de Kinshasa comme un indicateur, selon lui, du soutien populaire au Chef de l’État et au projet de réforme de la Loi fondamentale.
Cette marche s’inscrit ainsi dans une séquence politique marquée par deux mobilisations successives aux positions divergentes sur l’évolution de la Constitution : celle de la C64, opposée à toute modification constitutionnelle, et celle de l’UDPS et de ses alliés, favorables au processus référendaire et au dialogue politique.
À travers cette démonstration, le parti présidentiel entend afficher sa capacité de mobilisation et réaffirmer son soutien au processus engagé autour de la réforme constitutionnelle. La controverse politique sur cette question devrait désormais se poursuivre aussi bien au sein des institutions que dans l’espace public congolais.
Il faut noter que la marche avait été autorisée par l’Hôtel de Ville de Kinshasa, sous réserve du respect de l’itinéraire convenu. Si les organisateurs souhaitaient atteindre le Centre culturel, situé en face du Palais du Peuple, les autorités provinciales avaient fixé comme point d’arrivée la place Pont Gabi.
Narcisse Ntumba
