La ministre provinciale du Genre, Famille et Enfant du Haut-Uele, Rachel Makasiane, s’est distinguée par la pertinence de son intervention lors du 9ᵉ Forum national des ministres provinciaux et chefs de division du Genre, ouvert officiellement le 27 octobre 2026 à Kalemie, dans la province du Tanganyika, par la ministre nationale du Genre.
Mandatée pour représenter sa province à ces assises nationales, Rachel Makasiane a dressé un état des lieux de la condition féminine dans le Haut-Uele. Son intervention, articulée autour de quatre axes majeurs, notamment la participation politique, l’éducation, l’autonomisation économique et les droits des femmes, a mis en lumière les défis auxquels les femmes et les jeunes filles restent confrontées dans cette partie du pays.
Sur le plan politique, la ministre provinciale a dénoncé le faible accompagnement des femmes pendant les campagnes électorales, l’insuffisance des moyens financiers ainsi que leur accès encore limité aux postes de décision au sein des formations politiques. Face à cette situation, elle a plaidé pour une vulgarisation accrue de la Loi sur la parité et le renforcement de la solidarité féminine afin de favoriser une participation plus équitable des femmes à la gestion de la chose publique.
Le volet éducatif a constitué l’un des points les plus préoccupants de son exposé. Rachel Makasiane a notamment établi un lien entre la prolifération des carrés miniers et la déscolarisation des jeunes filles dans le Haut-Uele. Elle a évoqué un taux d’abandon scolaire de 42 %, associé à la problématique des grossesses précoces, ainsi qu’une prévalence du VIH/SIDA estimée à 7,4 % dans la province. Des indicateurs qui, selon elle, appellent à des interventions urgentes et coordonnées pour protéger les jeunes filles et garantir leur accès à l’éducation.
S’agissant de l’autonomisation économique, la ministre a relevé que l’entrepreneuriat féminin demeure largement dominé par le secteur informel, avec un accès limité aux crédits et aux services bancaires. Elle a toutefois salué les avancées enregistrées grâce à l’implication du gouverneur du Haut-Uele, Jean Bakomito Gambu.
Parmi les réalisations évoquées figurent le financement de quatre associations féminines dans les six territoires de la province, la dotation des chefs de service du Genre en motos, l’octroi de contrats de sous-traitance à des structures féminines auprès de Kibali Gold Mine, la construction en cours de la Maison de la Femme ainsi que l’implantation d’une usine de transformation du maïs. Autant d’initiatives présentées comme des leviers de promotion de l’entrepreneuriat et de l’indépendance financière des femmes.
Abordant enfin la question des droits, Rachel Makasiane a déploré la faible connaissance, par les femmes elles-mêmes, des dispositions légales relatives à la parité. Elle a ainsi recommandé l’organisation de formations multisectorielles pour renforcer leurs capacités et leur permettre de mieux connaître et défendre leurs droits.
« La faible connaissance des droits liés à la parité constitue un défi majeur dans la gestion de la cause féminine dans le Haut-Uele », a-t-elle fait savoir, tout en saluant l’accompagnement du gouverneur Jean Bakomito Gambu dans les efforts de promotion de la femme au niveau provincial.
Au terme de son intervention, la ministre provinciale a formulé une recommandation majeure : l’implantation urgente d’un Centre intégré de services multisectoriels (CISM) dans le Haut-Uele. Cette structure est présentée comme un dispositif essentiel pour améliorer la prise en charge des survivantes des violences basées sur le genre (VBG), à travers une réponse coordonnée et multisectorielle.
À travers cette participation au forum de Kalemie, Rachel Makasiane a ainsi porté les préoccupations spécifiques des femmes du Haut-Uele sur la scène nationale, tout en mettant en avant les initiatives provinciales engagées pour leur promotion, leur protection et leur autonomisation.
Narcisse Ntumba
