Assemblée nationale : Jacques Djoli Eseng’Ekeli alerte sur les profondes inégalités énergétiques en RDC
La question de l’accès équitable à l’électricité en République démocratique du Congo s’est invitée au cœur des débats parlementaires ce mercredi 13 mai 2026, à l’Assemblée nationale. Prenant la parole en séance plénière, Jacques Djoli Eseng’Ekeli a lancé un appel pressant en faveur d’une nouvelle politique de planification énergétique capable de corriger les déséquilibres territoriaux qui persistent dans plusieurs provinces du pays.
Dans son intervention, le député national a d’abord salué les efforts entrepris par le gouvernement dans le secteur de l’énergie. Selon lui, le taux national de desserte en électricité serait passé d’environ 8 à 9 % il y a quelques années à près de 21 % aujourd’hui. Une progression qu’il considère comme encourageante, tout en rappelant que la RDC demeure encore largement en dessous de la moyenne africaine estimée à plus de 50 %.
Cependant, l’élu a estimé que ces avancées masquent une réalité préoccupante : la forte concentration des investissements énergétiques sur certains corridors stratégiques, laissant de vastes régions du pays pratiquement exclues des programmes d’électrification. Se basant sur les documents techniques transmis au Parlement, notamment la cartographie des corridors énergétiques, Jacques Djoli Eseng’Ekeli a dénoncé une politique énergétique qu’il juge déséquilibrée et peu inclusive.
Le député a notamment cité plusieurs provinces qui, selon lui, restent en marge des priorités nationales, parmi lesquelles l’Équateur, la Tshopo, le Sud-Ubangi, le Bas-Uélé, le Sankuru et la Tshuapa. Pour lui, cette marginalisation énergétique entretient les inégalités économiques et sociales entre les provinces, empêchant des millions de Congolais d’accéder aux services essentiels et aux opportunités de développement.
« Sans électricité, il ne peut y avoir ni industrialisation, ni modernisation des structures sanitaires, ni véritable transformation économique locale », a-t-il martelé, soulignant que l’énergie constitue désormais un levier stratégique de développement et de cohésion nationale.
Jacques Djoli Eseng’Ekeli a également évoqué le dossier du barrage de Mobayi, estimant qu’une partie importante de l’énergie produite bénéficierait davantage à la République centrafricaine alors que plusieurs territoires congolais voisins demeurent encore plongés dans l’obscurité. Une situation qu’il considère comme symptomatique des incohérences dans la politique nationale de distribution énergétique.
Face à cette réalité, le député national a exhorté le gouvernement congolais, la SNEL ainsi que l’ANSER à revoir la stratégie nationale d’électrification afin de garantir une répartition plus équilibrée des infrastructures sur l’ensemble du territoire national.
Pour l’élu, l’électricité ne doit plus être considérée comme un simple projet d’infrastructure, mais comme un droit fondamental et un instrument majeur de justice sociale, d’unité nationale et d’égalité entre les provinces de la RDC.
Narcisse Ntumba