La République démocratique du Congo entend transformer ses ressources naturelles en véritables leviers de diversification économique, de création de valeur ajoutée et d’emplois. C’est dans cette perspective qu’a été officiellement lancé, vendredi 6 novembre 2026, au Fleuve Congo Hôtel, le projet intitulé « Minéraux essentiels à la transition énergétique en RDC : évaluation rapide du potentiel de diversification et de création de valeur ».
Conduit par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), avec le financement du Gouvernement japonais, ce projet vise à identifier de nouveaux produits et secteurs économiques susceptibles de renforcer les capacités productives nationales et de réduire la dépendance de la RDC à l’exploitation et à l’exportation des matières premières brutes.
La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence du ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, de représentants de plusieurs membres du Gouvernement, de l’ambassade du Japon, ainsi que des acteurs du secteur privé et du monde scientifique. Elle est venue clôturer une semaine intensive de consultations organisées du 2 au 6 novembre auprès des institutions publiques, des régies financières, des entreprises, des centres de recherche et des partenaires au développement.
Cette initiative constitue le deuxième projet engagé dans le cadre du mémorandum d’entente conclu entre la RDC et la CNUCED en 2025. Le premier, consacré au développement holistique des capacités productives du pays, se poursuit avec un document pays actuellement en cours de validation.
Ce nouveau partenariat est également le fruit des efforts diplomatiques déployés à Genève auprès de la CNUCED et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui vient de valider le troisième Examen de politique commerciale de la RDC.
Il traduit la volonté du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, mise en œuvre par le Gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, de faire de la participation de la RDC aux instances multilatérales un véritable instrument de mobilisation des partenariats et des financements en faveur du développement national.
L’ambition est notamment de repérer, à partir des capacités productives existantes en RDC, les produits et les secteurs capables de générer davantage de valeur ajoutée autour des minéraux essentiels à la transition énergétique, sans pour autant limiter cette diversification au seul secteur minier.
Pour garantir la pertinence des résultats, trois exigences ont été définies dans la conduite de cette évaluation.
La première consiste à privilégier la demande intérieure et les capacités de production déjà maîtrisées par les entreprises congolaises avant de se tourner vers les marchés extérieurs. La deuxième vise à placer le secteur privé national au cœur du processus, aussi bien dans les consultations que dans la mise en œuvre des recommandations. Enfin, la troisième porte sur l’exploitation prioritaire des données nationales, notamment celles de la Direction générale des douanes et accises (DGDA), afin de mieux cerner les réalités économiques du pays, au-delà des seules statistiques internationales.
Les expériences d’autres pays africains ayant déjà bénéficié de cette approche constituent, à cet égard, des références encourageantes.
En Namibie, en Zambie et à Madagascar, les évaluations menées avec l’appui de la CNUCED ont permis d’identifier respectivement 353, 412 et 259 produits porteurs. Ces produits représentent des potentiels d’exportation estimés à 811 millions USD, 1,4 milliard USD et 1,1 milliard USD.
Le cas de la Zambie, avec laquelle la RDC partage la ceinture cuprifère, est particulièrement illustratif : le potentiel de création d’emplois issu de cette démarche y est estimé à 115 000 postes.
Ces résultats ont permis à ces pays de disposer de portefeuilles de produits et de secteurs stratégiques susceptibles d’orienter les investissements et de faciliter la mobilisation des financements nécessaires à leur diversification économique.
À travers ce nouveau projet, la RDC ambitionne de se doter d’un instrument similaire pour mieux valoriser ses capacités productives, stimuler la transformation locale, attirer les investissements et générer des emplois au bénéfice de sa population.
Au-delà de l’exploitation minière, l’enjeu est de construire une économie plus diversifiée, dans laquelle les ressources naturelles constituent un moteur de développement pour l’ensemble des secteurs productifs.
Une orientation qui rejoint une ambition fondamentale : faire en sorte que les richesses du Congo profitent prioritairement aux Congolais.
Patrie News
