RDC : réformes structurelles et ambitions financières du FONER au cœur de la Conférence nationale sur les infrastructures

RDC : réformes structurelles et ambitions financières du FONER au cœur de la Conférence nationale sur les infrastructures

Le Directeur général du Fonds national d’entretien routier (FONER), Pierre Bundoki Ndongala, a mis en avant les réformes engagées et les ambitions financières de son institution, à l’occasion de la première Conférence nationale sur les infrastructures et les travaux publics (ITP), tenue du 8 au 10 avril à Kinshasa.

Placée sous le thème « Infrastructures durables et innovantes : vers un système moderne et compétitif pour les ITP en RDC », cette rencontre d’envergure a été officiellement lancée par le Président de la République, Félix Tshisekedi, au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale, en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont la Première ministre et le ministre des Infrastructures.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de la Première ministre, du ministre des Infrastructures ainsi que de plusieurs membres du gouvernement. D’anciens responsables du secteur et les dirigeants des entreprises publiques, notamment le Fonds national d’entretien routier (FONER), ont également pris part aux travaux.

Le FONER revient sur son rôle dans le financement routier

Intervenant lors des assises, le Directeur général du FONER, Pierre Bundoki Ndongala, a salué l’initiative présidentielle qu’il qualifie de « projet concret » pour le développement des infrastructures.

Il a tenu à rappeler les missions essentielles de son institution, à savoir la collecte des ressources financières et le financement des travaux d’entretien routier. Contrairement à certaines perceptions, le FONER n’intervient ni dans le choix des routes à réhabiliter ni dans l’exécution des travaux.

Ces responsabilités relèvent plutôt de structures techniques telles que : l’Office des routes ; l’Office des voiries et drainage (OVD) ; l’Office des voies de desserte agricole (OVDA).

« Nous avons une relation de banquier avec ces structures : nous analysons leurs requêtes et, en cas d’avis favorable, nous fixons un calendrier de décaissement », a précisé le directeur général.

Sur le plan financier, le FONER affiche des résultats encourageants. Le FONER a mobilisé environ 207 millions de dollars américains, avec une ambition de dépasser la barre des 230 millions USD au cours de l’exercice en cours.

Selon le Directeur général, ces performances sont le fruit d’un diagnostic interne approfondi, suivi de la mise en œuvre de stratégies et de plans d’action annuels adaptés.

Pour améliorer son efficacité, le FONER a engagé des réformes à la fois internes et externes.

Sur le plan interne, l’établissement a procédé à une restructuration en profondeur :
réorganisation de la collecte des recettes, renforcement de la direction financière avec l’introduction d’une fonction budgétaire, redynamisation de la direction technique grâce au recrutement d’ingénieurs, déploiement de personnel qualifié en provinces pour le suivi des projets, réforme des ressources humaines par appel à candidatures, et modernisation du service d’audit.

« Aujourd’hui, le FONER est prêt et dispose des moyens pour faire face aux enjeux », a assuré Pierre Bundoki Ndongala.

Sur le plan externe, l’etablissement ambitionne des défis majeurs concernent la mobilisation des ressources. Plusieurs textes juridiques sont en cours de révision, notamment la loi portant création du FONER, son décret d’organisation ainsi que les arrêtés fixant les modalités et taux de la redevance.

Fraudes et pertes financières : un manque à gagner important

Le Directeur général a également attiré l’attention sur les pertes financières considérables subies par l’État, en particulier aux postes frontaliers en raison de pratiques frauduleuses.

Il a évoqué les pertes estimées à 800 millions de dollars dans le secteur pétrolier, récemment signalées par le ministère des Hydrocarbures. Une situation qui, selon lui, confirme l’ampleur des défis liés à la mobilisation des recettes publiques.

Dans la loi de finances 2026, le FONER bénéficie désormais de mesures contraignantes visant à améliorer la mobilisation des ressources, avec l’appui du ministre des Infrastructures, John Banza.

Ces dispositions, inscrites notamment à l’article 68 de la loi, interviennent même avant l’aboutissement complet des réformes en cours.

À travers cette première Conférence nationale, les autorités congolaises entendent poser les bases d’un système d’infrastructures moderne, durable et compétitif.

Les échanges entre décideurs publics, experts et opérateurs du secteur devraient ainsi contribuer à renforcer la gouvernance, améliorer la mobilisation des ressources et accélérer la mise en œuvre des projets structurants à travers le pays.

Rédaction

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