Le Rassemblement des Compagnons d’Étienne Tshisekedi pour le Changement et la Paix Sociale (RCET-CPS) a réaffirmé son opposition catégorique à la participation des groupes armés, en particulier de l’AFC/M23, au dialogue national inclusif annoncé par le président de la République, Félix Tshisekedi.
Dans une déclaration politique rendue publique samedi 25 juillet, à Kinshasa, le coordonnateur national du RCET-CPS, Jean-Pierre Lisanga Bonganga, a salué l’initiative du chef de l’État visant à réunir les Congolais de bonne foi autour d’un dialogue destiné à consolider la paix et la cohésion nationale. Toutefois, le mouvement estime que les groupes impliqués dans les conflits armés ne peuvent être associés à ce processus.
Avant d’exposer sa position, le RCET-CPS a rendu hommage aux millions de Congolais victimes des conflits dans l’Est du pays, aux militaires tombés sur le champ d’honneur ainsi qu’aux combattants Wazalendo, salués pour leur engagement dans la défense de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
Pour justifier son refus, le RCET-CPS avance dix arguments majeurs. Le mouvement rappelle notamment les résolutions de la Conférence nationale souveraine de 1992 et du Dialogue intercongolais de Sun City, qui avaient consacré le principe selon lequel le pouvoir ne devait plus jamais être conquis par les armes.
La déclaration souligne également que les anciens processus de paix avaient déjà permis l’amnistie, le brassage et l’intégration des ex-belligérants dans les institutions nationales afin de tourner définitivement la page des rébellions armées.
Le RCET-CPS évoque aussi les sanctions imposées par les Nations unies contre certains dirigeants de l’AFC/M23 ainsi que les condamnations prononcées par la justice congolaise contre Corneille Nangaa et Joseph Kabila. Selon le mouvement, ces décisions judiciaires doivent être respectées et ne sauraient être remises en cause dans le cadre d’un dialogue politique.
Jean-Pierre Lisanga Bonganga estime en outre que les responsables des mouvements rebelles portent la responsabilité des violences commises contre les populations civiles dans l’Est du pays et qu’ils ne peuvent être considérés comme des interlocuteurs légitimes tant que justice n’aura pas pleinement été rendue.
Le RCET-CPS accuse également l’AFC/M23 de servir les intérêts du Rwanda plutôt que ceux de la RDC. La déclaration s’appuie notamment sur des propos attribués au président rwandais Paul Kagame concernant le M23 et les revendications territoriales, estimant que le silence des dirigeants de l’AFC/M23 face à ces déclarations démontre leur alignement sur l’agenda de Kigali.
Par ailleurs, le RCET-CPS réaffirme son soutien au dialogue national voulu par le président Félix Tshisekedi, tout en appelant à ce que celui-ci demeure exclusivement réservé aux acteurs congolais engagés en faveur de la paix, de la non-violence et du respect des institutions républicaines. Pour le mouvement, la participation des groupes armés compromettrait l’objectif même de ce dialogue et constituerait une remise en cause des sacrifices consentis pour la défense de la souveraineté nationale.
Narcisse Ntumba