Face à la persistance de l’épidémie de maladie à virus Ebola dans la province du Haut-Uele, un appel à la vigilance et à la responsabilité collective a été lancé jeudi à Isiro, chef-lieu de la province. L’épidémiologiste et ministre provinciale du Genre, Famille et Enfants, Rachelle Makasiane, a particulièrement mis en garde la population contre les risques élevés de contamination liés à la manipulation des dépouilles de personnes décédées d’Ebola.
Selon elle, plusieurs décès enregistrés récemment concernent des personnes ayant été en contact avec des corps infectés.
« Les risques de contamination de la maladie à virus Ebola sont très élevés », a-t-elle alerté, appelant notamment les jeunes à prendre conscience du danger auquel ils s’exposent en récupérant ou en manipulant des dépouilles.
Rachelle Makasiane a expliqué que la résistance de l’épidémie est également liée à certains comportements au sein de la communauté. Elle a ainsi exhorté la population à devenir un acteur majeur de la riposte.
« Nous devons être les premières personnes à combattre Ebola dans notre province. Nous ne pouvons pas laisser l’épidémie continuer à éliminer nos membres de famille », a-t-elle insisté.
L’épidémiologiste a particulièrement interpellé les jeunes qui participent à des mouvements visant à récupérer de force les corps de leurs proches décédés dans les centres de traitement Ebola ou lors des enterrements. Elle a rappelé que les équipes de la riposte disposent de procédures spécifiques pour assurer la prise en charge et l’inhumation sécurisée des personnes décédées.
La ministre provinciale a également déploré les incidents ayant récemment ciblé des volontaires et des secouristes lors d’un enterrement dans la ville d’Isiro. Elle a rappelé que les autorités provinciales avaient déjà appelé au respect des mesures sanitaires et des équipes engagées dans la lutte contre l’épidémie.
Dans ce contexte, les autorités sanitaires invitent la population du Haut-Uele à privilégier la collaboration avec les équipes de la riposte, à éviter tout contact direct avec les dépouilles suspectes ou confirmées infectées et à signaler rapidement tout cas suspect. La lutte contre Ebola, souligne la ministre, demeure une responsabilité collective dont le respect des mesures de prévention constitue l’une des principales armes.
Serge Lupa
