Assemblée nationale : la motion de défiance contre Jacquemain Shabani rejetée, Aimé Boji s’affirme en arbitre impartial
La Chambre base du Parlement a tenu ce jeudi 29 avril 2026, une plénière à fort enjeu politique consacrée à l’examen de la motion de défiance initiée contre le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo.
Sur les 500 députés que compte l’Assemblée nationale, 490 ont pris part à cette séance, signe de l’importance accordée à cette initiative parlementaire dans un contexte marqué par des préoccupations croissantes liées à la gouvernance sécuritaire.

Au terme de débats particulièrement animés, la motion portée par le député national Lady Lotika Likwela a été rejetée. En cause : une motion incidente soulevée par l’honorable Gary Sakata, qui a mis en évidence plusieurs irrégularités tant dans la rédaction que dans la procédure d’introduction du texte. Ces manquements, jugés substantiels, ont conduit à l’interruption du processus d’examen en plénière.
Dans un climat politique tendu, la gestion des travaux par le Président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a été largement scrutée. Le speaker de la chambre basse a opté pour une posture d’équilibre, se positionnant « au milieu du village », selon ses propres termes, afin de garantir une conduite impartiale des débats.

En permettant aux initiateurs de la motion de défendre leur démarche devant la plénière avant que la question de recevabilité ne soit définitivement tranchée, le président de l’Assemblée nationale a voulu préserver les droits parlementaires tout en veillant au strict respect du règlement intérieur.
Parallèlement, Jacquemain Shabani a également bénéficié de toutes les garanties procédurales nécessaires pour assurer sa défense, illustrant ainsi le respect du principe du contradictoire au sein de l’hémicycle.
Malgré la vivacité des échanges et des positions parfois irréconciliables, la séance s’est déroulée dans le respect des mécanismes démocratiques régissant le contrôle de l’action gouvernementale.
Pour de nombreux observateurs, cette séquence politique met en lumière la volonté d’Aimé Boji Sangara de traduire en actes les engagements pris lors de son discours d’investiture du 13 novembre dernier. Il avait alors promis une gestion fondée sur l’impartialité, l’équité entre les élus et le respect strict des textes régissant l’Assemblée nationale.
À travers cette décision, l’Assemblée nationale réaffirme son attachement aux principes de l’État de droit parlementaire, rappelant que les débats démocratiques, même lorsqu’ils sont marqués par de fortes tensions politiques, doivent se dérouler dans le respect des règles qui fondent l’institution.
Narcisse Ntumba