Changement de la Constitution : Patrick Monyomo s’oppose à Bahati Lukwebo et soutient une loi non figée et alignée aux réalités du moment
Député national de l’AFDC-A et élu de la ville de Goma depuis 2018, l’honorable Patrick Monyomo est sorti de son silence ce samedi 11 avril 2026, pour clarifier sa position tant sur la situation interne de son regroupement politique que sur la question sensible de la révision et changement de la constitutionnelle en République démocratique du Congo.
D’entrée de jeu, l’élu de Goma tient à dissiper tout malentendu : « Il n’existe, aucune rupture entre lui, l’AFDC-A et son autorité morale, le sénateur Modeste Bahati Lukwebo. Je suis républicain et libre de m’exprimer », affirme-t-il, revendiquant ainsi son droit à la divergence d’opinion.
Cependant, Patrick Monyomo ne cache pas son désaccord avec les propos récemment tenus par le leader de son regroupement lors d’une conférence de presse. Présent dans la salle au moment des déclarations, il dit avoir été dérangé par un discours qu’il avait jugé en décalage avec la vision du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, ainsi qu’avec les orientations de l’Union sacrée de la Nation.
Refusant d’endosser ces propos, Patrick Monyomo a pris la décision de s’exprimer publiquement pour les dénoncer et appeler le sénateur à s’assumer. Mais au-delà de cette divergence politique, c’est surtout sur la question de la Constitution que l’honorable Monyomo se montre particulièrement engagé.
Pour lui, la Loi fondamentale ne doit pas être figée : « La Constitution ne doit pas être comparée à la Bible. Elle doit rester flexible et adapter aux circonstances », soutient-il.
Pour appuyer son argumentaire, il évoque plusieurs précédents historiques en RDC. Sous le régime du Président Mobutu Sese Seko, la Constitution a été modifiée à de nombreuses reprises. Il en a été de même sous Laurent-Désiré Kabila et plus tard sous Joseph Kabila. Autant d’exemples qui, selon lui, démontrent le caractère évolutif de la Constitution congolaise.
Dans cette dynamique, Patrick Monyomo annonce également la mise en place d’un courant interne au sein de l’AFDC-A : “Une dynamique des députés nationaux et sénateurs loyaux aux institutions”. Cette initiative regroupe les élus qui, comme lui, se disent alignés sur la vision du Chef de l’État et attachés au respect strict des orientations de l’Union sacrée.
Illustrant cette loyauté, il cite le récent soutien apporté à un candidat au poste de deuxième vice-président du Sénat, conformément aux consignes de l’Union sacrée relayées par son secrétaire permanent, le professeur André Mbata.
« Nous n’avons pas tergiversé. Nous avons soutenu le candidat entériné par la haute autorité politique », insiste-t-il.
L’élu de Goma revendique ainsi une posture de cohérence politique : « Il ne faut pas avoir un pied dedans et un pied dehors ». Selon lui, le soutien au Chef de l’État doit être clair, sincère et sans ambiguïté.
Par ailleurs, Patrick Monyomo met en avant la mobilisation effective de sa plateforme lors de cette échéance politique, soulignant la présence de onze députés nationaux et de quatre sénateurs de l’AFDC-A engagés dans cette dynamique. Un signal fort, estime-t-il, qui permet de distinguer les véritables soutiens du Chef de l’État de ceux qui entretiennent une position ambivalente.
À travers cette sortie médiatique, l’honorable Patrick Monyomo s’affirme comme l’une des voix favorables à une éventuelle révision et le changement de la Constitution, tout en réitérant son attachement indéfectible aux institutions de la République et à la vision portée par le Président de la République.
Narcisse Ntumba