En marge de la 5ᵉ édition de l’Africa Energy Week (AEW), organisée du 12 au 16 octobre 2026 au Cap, en Afrique du Sud, la ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a présenté les opportunités d’investissement qu’offre la République démocratique du Congo dans le secteur pétrolier. À travers son plaidoyer, elle a mis l’accent sur les réformes structurelles, la modernisation des infrastructures et la transformation locale des ressources pour renforcer la souveraineté énergétique du pays.
La République démocratique du Congo entend faire de son potentiel pétrolier un véritable levier de croissance économique et de développement. C’est le message porté par la ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, lors de sa participation à la 5ᵉ édition de l’Africa Energy Week, qui se tient du 12 au 16 octobre 2026 en Afrique du Sud, autour du thème « Façonner l’avenir de l’énergie africaine ».
À la tête d’une importante délégation congolaise, la ministre d’État a présenté les perspectives du secteur des hydrocarbures en RDC devant des décideurs politiques, des investisseurs et des représentants de l’industrie énergétique internationale. Son intervention s’inscrit dans la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et dans la dynamique de développement impulsée par le gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Au cœur de son plaidoyer, Acacia Bandubola Mbongo a mis en avant les importantes ressources pétrolières de la RDC, dont le potentiel est estimé à plus de 22 milliards de barils de réserves, selon les données présentées par la délégation congolaise.
Le pays dispose de plusieurs zones présentant des opportunités d’exploration, notamment la Cuvette centrale, les bassins de la branche occidentale du Rift est-africain, dont les grabens du Tanganyika et de l’Albertine, ainsi que le bassin côtier situé le long de la façade atlantique.
À travers ces atouts, Kinshasa entend attirer davantage de capitaux et de partenaires capables d’accompagner le développement du secteur. L’objectif est de faire de la RDC une destination compétitive et crédible pour les investissements pétroliers, tout en garantissant une gestion responsable de ses ressources naturelles.
Pour améliorer l’attractivité du secteur, la ministre d’État a également mis en avant l’opérationnalisation de la Banque nationale des données pétrolières. Cet outil, mis en place par le ministère des Hydrocarbures, vise à centraliser, conserver et sécuriser les informations géologiques et pétrolières du pays.
Cette initiative doit notamment contribuer à améliorer l’accès aux données et à offrir aux investisseurs une meilleure visibilité sur le potentiel des différents bassins pétroliers congolais.
Parallèlement, la RDC s’est engagée dans un processus de révision de la loi n° 15/012 du 1er août 2015 portant régime général des hydrocarbures. Cette démarche vise à adapter le cadre juridique et fiscal aux enjeux actuels du secteur, en privilégiant un environnement plus lisible et prévisible pour les investisseurs.
La réforme entend également renforcer les exigences en matière de protection de l’environnement et promouvoir le contenu local, afin que les investissements réalisés dans le secteur profitent davantage aux entreprises et aux compétences nationales.
Au-delà de l’exploration pétrolière, Acacia Bandubola Mbongo a insisté sur la nécessité de moderniser les infrastructures de transport, de stockage et de distribution des produits pétroliers.
Avec une population estimée à près de 120 millions d’habitants et une consommation nationale de carburants annoncée à plus de 600 000 mètres cubes par mois, la RDC fait face à des besoins énergétiques importants.
Dans ce contexte, le développement des pipelines, l’augmentation des capacités de stockage et la construction d’unités de raffinage locales figurent parmi les priorités mises en avant par la ministre d’État.
Les grands pôles économiques du pays, notamment le Grand Katanga, le Kongo Central et Kinshasa, constituent des espaces stratégiques pour ces investissements. Le renforcement de ces infrastructures pourrait contribuer à améliorer l’approvisionnement du marché intérieur, à réduire certaines contraintes logistiques et à soutenir le développement des activités économiques.
Le plaidoyer adressé aux partenaires internationaux porte ainsi sur la mobilisation de financements et d’expertises susceptibles d’accompagner la modernisation de l’ensemble de la chaîne pétrolière congolaise.
Pour le gouvernement congolais, l’enjeu ne se limite pas à l’exploitation des ressources du sous-sol. Il s’agit également de développer les capacités nationales de transformation, de créer des emplois durables et de favoriser le transfert de compétences au profit de la jeunesse congolaise.
Cette approche place la valorisation locale des hydrocarbures au centre de la stratégie de souveraineté énergétique défendue par les autorités.
En participant à l’Africa Energy Week 2026, Acacia Bandubola Mbongo entend ainsi renforcer la visibilité du secteur pétrolier congolais auprès des investisseurs internationaux et promouvoir des partenariats fondés sur des intérêts mutuellement bénéfiques.
À travers ce plaidoyer, la RDC réaffirme son ambition de transformer ses ressources naturelles en richesses économiques concrètes, tout en développant des infrastructures adaptées à ses besoins et en consolidant son autonomie énergétique.
La participation congolaise à ce rendez-vous continental constitue, dans cette perspective, une occasion de présenter les réformes engagées, de valoriser les opportunités disponibles et de mobiliser des partenaires autour des priorités nationales de développement du secteur des hydrocarbures.
Narcisse Ntumba
