Le Président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a clairement fixé les contours du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. Dans son adresse à la Nation, le chef de l’État a exclu toute participation, en qualité de composante politique, des groupes armés qui combattent l’ordre constitutionnel, occupent des territoires congolais ou agissent, selon les autorités, au service d’une puissance étrangère.
« Ne pourront donc pas participer à ce dialogue en qualité de composante politique ceux qui, à l’ouverture du processus, combattent par les armes l’ordre constitutionnel, occupent par la force une partie du territoire national, administrent illégalement des entités de la République ou agissent au service d’une puissance étrangère, en l’occurrence le Rwanda »,, a-t-il déclaré.
Le Chef de l’État a ainsi posé une ligne rouge autour de ce processus qu’il veut exclusivement national. Selon Félix Tshisekedi, le dialogue devra réunir les différentes composantes de la société congolaise autour des enjeux fondamentaux de la République, au-delà des appartenances politiques et des ambitions individuelles.
« Il réunira les filles et les fils de notre pays autour d’un impératif qui dépasse nos personnes, nos partis et nos ambitions, à savoir : défendre la République, consolider la paix, préserver l’unité nationale et protéger nos intérêts stratégiques », a souligné Félix-Antoine Tshisekedi.
Le Chef de l’État insiste également sur le cadre du processus : le dialogue se tiendra sur le territoire national et réunira les Congolais, dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC.
Cette précision écarte donc, à ce stade, l’hypothèse de la participation de l’AFC-M23 comme composante politique au Dialogue national. Kinshasa considère en effet le M23 comme un mouvement armé occupant par la force une partie du territoire national et soutient que le règlement de la crise dans l’Est ne peut se faire en plaçant sur le même pied les institutions républicaines et un groupe armé.
À travers cette position, Félix Tshisekedi entend également distinguer le dialogue politique national des mécanismes de négociation engagés dans le cadre des efforts diplomatiques visant à mettre fin à la guerre dans l’Est du pays.
Le message présidentiel se veut ainsi sans ambiguïté : le dialogue national sera un espace de concertation entre Congolais et ne saurait constituer une récompense politique pour ceux qui recourent aux armes contre l’État.
Pour le président de la République, la priorité demeure la défense de la République, la restauration de l’autorité de l’État, la préservation de l’unité nationale et la protection des intérêts stratégiques de la RDC.
En excluant l’AFC-M23 du dialogue en tant que composante politique, Félix Tshisekedi fixe donc les conditions de participation à un processus qu’il présente comme souverain, inclusif pour les forces politiques et sociales congolaises, mais fermé aux acteurs qui poursuivent la conquête territoriale par les armes.
Le principe défendu par le chef de l’État tient en une formule : le Congo doit se parler entre Congolais, dans le respect de la Constitution et de l’intégrité de son territoire, et non sous la contrainte des armes.
Narcisse Ntumba
