Diamant disparu au Kasaï : l’affaire qui expose les graves failles de traçabilité de l’Inspection générale des mines

La disparition présumée d’une importante pierre de diamant découverte dans la zone de Kamambaji, en territoire de Tshikapa, met en lumière les insuffisances persistantes du système de traçabilité au sein de l’administration minière de la province du Kasaï. Alors qu’elle était annoncée à près de 48 carats, puis à un peu plus de 46 carats après une supposée opération de clivage, cette gemme demeure introuvable plusieurs jours après sa saisie présumée.

Au-delà de la disparition de la pierre, c’est toute la chaîne de contrôle qui est aujourd’hui remise en question. Selon les autorités minières, la procédure légale n’aurait pas été respectée. Conformément au Code minier, toute pierre précieuse saisie doit être acheminée vers le Centre d’expertise, d’évaluation et de certification (CEEC), seul organisme habilité à authentifier la pierre, vérifier son poids, évaluer sa qualité et fixer sa valeur marchande.

Or, selon l’inspecteur provincial des Mines, Nicolas Tshitenge, aucune trace de cette pierre n’existe dans les registres du CEEC. Cette absence de traçabilité soulève de sérieuses interrogations sur le circuit emprunté par la pierre depuis sa découverte jusqu’à sa disparition présumée.

Les contradictions autour du poids de la pierre renforcent davantage les inquiétudes. Comment une pierre annoncée à près de 48 carats peut-elle être ensuite présentée à un poids inférieur sans qu’aucune expertise officielle ne soit enregistrée ? Comment une gemme d’une telle importance peut-elle disparaître avant son identification par les services compétents ?

Cette affaire met en évidence les faiblesses du dispositif de contrôle au niveau de l’Inspection générale des Mines. Si les procédures réglementaires avaient été appliquées avec rigueur, chaque étape du transfert de la pierre aurait été documentée, rendant pratiquement impossible toute disparition ou manipulation non autorisée.

Face à cette situation, les autorités provinciales ont ouvert une enquête afin d’établir les responsabilités. Elles n’excluent pas des poursuites judiciaires contre toute personne qui serait impliquée dans une éventuelle dissimulation, disparition ou tentative de détournement de cette pierre de grande valeur.

Au-delà de ce dossier, cette affaire rappelle l’urgence de renforcer les mécanismes de traçabilité dans le secteur diamantifère congolais. La sécurisation des pierres précieuses, le respect strict des procédures administratives et la transparence dans leur prise en charge demeurent des conditions essentielles pour lutter contre la fraude, protéger les recettes de l’État et préserver la crédibilité de la filière diamantifère de la République démocratique du Congo sur les marchés internationaux.

L’enquête en cours devra désormais déterminer à quel niveau de la chaîne administrative les procédures ont été rompues et si cette disparition résulte de négligences, de dysfonctionnements ou d’actes délibérés.

Rédaction

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