Nord-Kivu : Révélations et zones d’ombre autour de la mort de Willy Ngoma à Rubaya

La toile s’est enflammée depuis l’annonce de la mort du colonel Willy Ngoma, porte-parole du mouvement rebelle AFC/M23, qui aurait succombé à une frappe de drones attribuée aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à Rubaya. Cependant, plusieurs zones d’ombre entourent les circonstances exactes de sa mort, alimentant des interrogations et spéculations

Si Willy Ngoma a effectivement été neutralisé par une frappe des FARDC, pourquoi l’État-major de l’armée congolaise n’a-t-il publié aucun communiqué officiel à ce sujet, alors qu’il s’agirait d’une cible de premier plan au sein de la rébellion ?

Autre élément troublant : selon certaines sources, le chef rebelle Sultani Makenga, coordonnateur militaire du M23, aurait quitté les lieux quelques heures avant la frappe, sans que l’on sache précisément dans quelles circonstances. Cette information avérée soit elle, soulève des interrogations supplémentaires.

Par ailleurs, l’absence de communication officielle de l’AFC/M23 confirmant le décès de son porte-parole intrigue également. Jusqu’ici, seules des sources proches de la rébellion et certains communicateurs du mouvement ont relayé l’information.

Le journaliste Pro-rwandais Pero Liwara, perçu avance une version différente. Selon lui, Willy Ngoma serait décédé à Goma, bien avant les événements de Rubaya, et son corps aurait été déplacé afin de faire croire à une frappe des FARDC.

Quelques mois auparavant, après la mort de Magloire Paluku, un enregistrement audio attribué à Willy Ngoma avait circulé sur les réseaux sociaux. Dans cet audio, il exprimait son mécontentement quant aux circonstances de ce décès et dénonçait certaines pratiques internes qui découragent selon lui, les ambitions du mouvement.

Il y évoquait notamment une gestion controversée des butins de guerre, seule les rwandais avaient plus d’avantages que d’autres et affirmait par ailleurs que plusieurs décisions stratégiques seraient influencées par des acteurs extérieurs, citant notamment le président rwandais Paul Kagame. Ces propos laissaient entrevoir d’éventuelles dissensions internes au sein du mouvement.

Corneille Nangaa avait récemment déclaré à Goma que « la guerre est terminée », appelant à une phase de reconstruction.

De leur côté, les autorités congolaises, sous la direction du Président Félix Tshisekedi, ont réaffirmé leur détermination à défendre l’intégrité territoriale du pays face à la résurgence des groupes armés.

À l’international, les États-Unis ont exprimé leurs préoccupations face aux violations répétées du cessez-le-feu par le Rwanda de Paul Kagame et évoqué la possibilité de sanctions.

À ce stade, aucune communication officielle claire des FARDC ni de l’AFC/M23 ne permet d’établir avec certitude les circonstances exactes de la mort de Willy Ngoma. Ce dernier serait assassiné pour avoir défié la hiérarchie de la rébellion lors de la mort de Magloire Paluku griblé de balles devant sa résidence à Goma dont la justice n’a jamais été rendue.

L’hypothèses alternatives et rumeurs circulant sur les réseaux sociaux, l’affaire reste entourée de nombreuses incertitudes. Seules des confirmations indépendantes et documentées permettront d’éclaircir définitivement les faits.

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