Assemblée nationale : She Okitundu alerte sur un déséquilibre budgétaire et appelle à une révision profonde

Assemblée nationale : She Okitundu alerte sur un déséquilibre budgétaire et appelle à une révision profonde

Lors de la présentation du projet de loi de finances pour l’exercice 2026, le 18 novembre 2025, à l’Assemblée nationale, par ka première ministre Judith Suminwa, l’honorable Léonard She Okitundu a formulé plusieurs observations majeures, appelant le gouvernement et la Commission économique et financière (ECOFIN) à revoir certains paramètres du budget avant son adoption à la plénière.

D’entrée de jeu, l’Honorable She okitundu a rappelé le contexte monétaire particulier dans lequel intervient l’examen du projet de loi. Présenté en début de session par la Première ministre, le budget a été rattrapé par l’évolution récente du franc congolais. La Banque centrale du Congo a en effet injecté 50 millions de dollars pour stabiliser la monnaie nationale face au billet vert. Une intervention qui, selon She Okitundu, bouleverse les hypothèses initiales.

« Dès lors, il faut tout revoir, parce que toutes les appréciations et toutes les estimations qui avaient été faites doivent être réévaluées », a-t-il averti, estimant qu’attendre un collectif budgétaire serait inadapté, la situation étant intervenue avant même le vote du projet de loi.

She Okitundu a également dénoncé la réduction des crédits alloués aux secteurs sociaux. Il a rappelé les engagements internationaux du pays : 20 % du budget doivent aller à la santé et 15 % à l’éducation. Or, selon lui, les allocations envisagées pour 2026 sont en baisse, en contradiction avec les priorités nationales.

« Ces secteurs sont essentiels et doivent être protégés », a-t-il insisté.

She Okitundu s’est par ailleurs appuyé sur un récent rapport de la Banque mondiale pour souligner les pertes considérables dans la mobilisation des recettes environnementales. Le Congo, pays du bassin du même nom et véritable poumon de la planète, devrait bénéficier d’importants mécanismes financiers en échange de la préservation de ses forêts.

Faute d’expertise et de capacités de captation suffisantes, la RDC perdrait cependant entre 223 et 368 milliards de dollars de ressources potentielles.

Un chiffre vertigineux qui, selon l’élu, doit impérativement interpeller le gouvernement.

Enfin, l’honorable She Okitundu a pointé un déséquilibre entre les moyens accordés à la défense nationale et ceux octroyés à la sécurité intérieure. Tout en reconnaissant le caractère impératif du financement de la défense en période d’agression, notamment de la part du Rwanda , il a plaidé pour que la Police nationale ne soit pas marginalisée.

« La Police joue un rôle central dans la sécurité intérieure et ne doit pas être sous-dotée », a-t-il rappelé.

L’élu a conclu en annonçant que ces premières observations seront suivies de recommandations plus détaillées, destinées à améliorer le texte lors de son examen approfondi par la Commission ECOFIN.

Narcisse Ntumba

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